Chien résident en EHPAD et établissement médico-social
Accueillir un chien à demeure dans un EHPAD, un foyer de vie ou un établissement médico-social peut créer une dynamique humaine particulièrement riche. Mais un tel projet ne devrait jamais se résumer à « avoir un chien dans l’établissement ».
Pour que cette présence soit bénéfique durablement, elle doit être pensée simultanément du point de vue des résidents, des professionnels, de l’organisation institutionnelle et du bien-être du chien.
Margeride Canin propose un accompagnement spécifique aux établissements qui :
- envisagent d’accueillir un chien à demeure ;
- possèdent déjà un chien résident ;
- rencontrent des difficultés avec un chien présent dans la structure ;
- souhaitent mieux former les professionnels à la gestion quotidienne du chien ;
- veulent inscrire sa présence dans un véritable projet institutionnel.
Basé à Auroux, en Lozère, j’interviens auprès des structures médico-sociales notamment autour de Langogne, en Lozère, Haute-Loire et secteurs limitrophes.
Un chien résident : un véritable projet d’établissement
La présence permanente d’un chien peut favoriser les échanges, susciter des émotions positives, créer des habitudes, encourager certains déplacements et devenir un formidable support de relation.
Mais contrairement à un chien intervenant ponctuellement en médiation animale, le chien résident partage quotidiennement la vie de l’établissement.
Il peut donc être exposé chaque jour à :
- de nombreuses personnes différentes ;
- des sollicitations répétées ;
- des gestes parfois imprévisibles ;
- des déplacements de fauteuils roulants ou de déambulateurs ;
- des bruits inhabituels ;
- des passages fréquents dans les espaces collectifs ;
- des repas et de la nourriture facilement accessibles ;
- des professionnels travaillant selon des horaires différents ;
- des visiteurs ;
- des périodes où l’établissement est très animé.
Ce qui peut sembler agréable ponctuellement peut devenir fatigant ou stressant lorsqu'il est vécu quotidiennement.
Le projet doit donc anticiper aussi bien les bénéfices espérés que les contraintes imposées au chien.
Tous les chiens ne sont pas adaptés à la vie en établissement
La gentillesse ou l’attachement aux humains ne suffisent pas à déterminer si un chien pourra vivre sereinement dans un établissement médico-social.
Son tempérament, sa sensibilité, son histoire, ses capacités d’adaptation et sa manière de gérer les interactions doivent être pris en compte.
Un chien résident doit notamment être capable de supporter, dans des limites raisonnables :
- la présence de personnes inconnues ;
- les déplacements inhabituels ;
- les sons et mouvements de l’environnement ;
- une certaine proximité humaine ;
- les changements de rythme ;
- la frustration ;
- des périodes d’activité suivies de périodes de calme.
L’objectif n’est jamais de contraindre un chien à s’adapter à une institution qui lui conviendrait mal.
Une évaluation préalable permet au contraire de déterminer ce que le chien est capable de vivre sereinement et quelles adaptations seront nécessaires.
Évaluation comportementale du chien
Avant une intégration, ou lorsqu’un chien est déjà présent dans l’établissement, une évaluation permet d’observer son comportement dans différentes situations.
Elle peut notamment porter sur :
- la relation aux personnes familières et inconnues ;
- les réactions face aux mouvements et déplacements ;
- la sensibilité aux bruits ;
- la gestion de la proximité physique ;
- la tolérance au contact ;
- les comportements face à la nourriture ;
- la capacité à récupérer après une situation émotionnelle ;
- la gestion de la frustration ;
- les éventuelles peurs ou sensibilités ;
- les comportements de protection de ressources ;
- les capacités de repos dans un environnement animé ;
- les signaux de stress ou d’inconfort.
Cette évaluation ne vise pas simplement à déterminer si le chien est « gentil » ou « méchant ».
Elle cherche à comprendre comment il fonctionne, ce qu’il tolère, ce qui peut le mettre en difficulté et quelles conditions doivent être réunies pour préserver son équilibre.
Préparer le chien avant son intégration
Lorsqu’un chien doit rejoindre un établissement, une préparation progressive peut considérablement faciliter son adaptation.
Selon le chien et le projet, le travail peut notamment concerner :
- la marche calme en laisse ;
- le rappel ;
- l’attente ;
- le renoncement ;
- la capacité à rejoindre un espace de repos ;
- la gestion des sollicitations ;
- l’habituation progressive aux équipements et mouvements inhabituels ;
- la capacité à rester calme en présence de plusieurs personnes ;
- la gestion de la nourriture ;
- les manipulations nécessaires aux soins ;
- les apprentissages utiles à la vie quotidienne dans la structure.
Il ne s’agit pas de rechercher un chien parfaitement obéissant, mais un animal disposant des compétences lui permettant de comprendre son environnement, de s’y sentir en sécurité et d’y évoluer sereinement.
L’intégration doit être progressive
Installer immédiatement un chien toute la journée dans un établissement qu’il ne connaît pas peut générer une charge émotionnelle importante.
Une intégration progressive est généralement préférable.
Elle peut comporter :
- des premières visites courtes ;
- la découverte progressive des locaux ;
- la rencontre avec les professionnels référents ;
- des périodes limitées dans les espaces collectifs ;
- l’accès immédiat à un lieu calme ;
- une augmentation progressive du temps passé dans la structure ;
- des observations régulières du comportement du chien.
Le rythme de cette intégration doit être déterminé par les capacités du chien et non uniquement par les attentes humaines.
Créer un véritable espace refuge
Un chien vivant en institution doit disposer d’un endroit où il peut réellement se retirer.
Cet espace doit être considéré comme un lieu de repos et de sécurité, et non comme un simple panier placé au milieu d’un lieu de passage.
Lorsque le chien s’y trouve, il doit pouvoir :
- dormir sans être dérangé ;
- se soustraire aux interactions ;
- récupérer après une activité ;
- s’isoler lorsque l’environnement devient trop stimulant.
Le droit du chien à ne pas être sollicité est essentiel.
Qui est responsable du chien ?
L’une des questions fondamentales d’un projet de chien résident concerne la responsabilité quotidienne.
Lorsque tout le monde s’occupe du chien, le risque est parfois que personne n’en soit réellement responsable.
Il est donc utile de définir clairement :
- une ou plusieurs personnes référentes ;
- qui assure les promenades ;
- qui distribue les repas ;
- qui organise les soins vétérinaires ;
- qui surveille son évolution comportementale ;
- qui décide lorsqu’il doit être mis au repos ;
- qui coordonne les règles appliquées par l’équipe ;
- ce qui est prévu lors des absences, congés ou changements de personnel.
Cette organisation permet de donner au chien des repères stables et évite de nombreuses incohérences.
Des règles communes pour toute l’équipe
Un chien peut difficilement comprendre son environnement si certaines personnes lui autorisent un comportement que d’autres lui interdisent.
Des règles simples peuvent donc être définies collectivement concernant par exemple :
- l’accès aux différentes pièces ;
- la distribution de nourriture ;
- les moments où le chien peut être sollicité ;
- les personnes pouvant le promener ;
- la gestion des repas des résidents ;
- l’accès à son espace de repos ;
- les comportements à adopter lorsqu’il manifeste de l’inconfort ;
- les règles applicables aux visiteurs.
Je peux accompagner l’établissement dans la rédaction d’un cadre de fonctionnement simple et compréhensible par tous.
Former les professionnels au langage du chien
L’intégration d’un chien est beaucoup plus sûre lorsque les professionnels savent reconnaître ses principaux signaux de communication.
Un chien exprime généralement son inconfort bien avant d’en arriver à grogner ou à mordre.
Encore faut-il pouvoir reconnaître ces signaux.
Des séances de sensibilisation peuvent permettre aux équipes d’apprendre à identifier notamment :
- les comportements d’évitement ;
- les changements de posture ;
- les signes de tension ;
- les demandes de distance ;
- les signes de fatigue ;
- les comportements révélant une montée du stress ;
- les situations où il est préférable d’interrompre une interaction.
Cette compréhension améliore à la fois le bien-être du chien et la prévention des incidents.
Prévention des morsures
Un chien équilibré peut malgré tout se retrouver en difficulté s’il ne peut pas se soustraire à une situation inconfortable.
En établissement médico-social, certaines interactions nécessitent donc une vigilance particulière.
La prévention repose notamment sur :
- la compréhension du langage canin ;
- le respect des espaces de repos ;
- l’absence d’interaction forcée ;
- la gestion des ressources alimentaires ;
- la surveillance adaptée de certaines interactions ;
- l’identification des situations à risque ;
- la mise en place de protocoles simples connus de l’équipe.
Prévenir ne signifie pas considérer le chien comme dangereux. Il s’agit au contraire de créer un environnement suffisamment clair et sécurisant pour éviter de le placer dans une situation où il pourrait être contraint de se défendre.
Respecter les personnes accompagnées
La présence du chien peut être très appréciée par certains résidents et beaucoup moins par d’autres.
Certaines personnes peuvent :
- avoir peur des chiens ;
- ne pas souhaiter de contact ;
- présenter des allergies ;
- avoir des difficultés à interpréter le comportement de l’animal ;
- être particulièrement attirées par lui et le solliciter excessivement.
Le projet doit donc respecter également le choix et le confort des personnes qui ne souhaitent pas interagir avec le chien.
Un chien résident n’a pas vocation à être disponible en permanence
L’un des principaux risques est que le chien devienne progressivement accessible à tout le monde, toute la journée.
Or un chien adulte dort et se repose une grande partie du temps.
Les moments d’interaction doivent donc alterner avec :
- des périodes de repos réel ;
- des promenades extérieures ;
- des activités correspondant à ses propres besoins ;
- des moments sans sollicitation humaine ;
- des temps de détente en dehors de sa fonction institutionnelle.
Un chien résident reste avant tout un chien.
Ses besoins ne doivent pas disparaître derrière la fonction que l’établissement souhaite lui attribuer.
Le chien résident et la médiation canine sont deux choses différentes
La présence permanente d’un chien au sein d’une structure peut créer spontanément de nombreux échanges, mais elle ne constitue pas automatiquement une séance de médiation animale.
Un projet de médiation canine repose sur des objectifs déterminés, une préparation de l’activité, un cadre d’intervention et des observations permettant d’adapter le travail proposé.
Les deux approches peuvent cependant être complémentaires.
Un établissement peut donc disposer d’un chien résident tout en organisant parallèlement des séquences structurées autour d’objectifs individuels ou collectifs.
Suivre le chien tout au long de sa vie dans l’établissement
L’intégration initiale n’est qu’une première étape.
Le comportement et les besoins du chien peuvent évoluer avec :
- son âge ;
- son état de santé ;
- son expérience ;
- les changements dans l’équipe ;
- les transformations de l’établissement ;
- l’évolution des sollicitations quotidiennes.
Un suivi permet de repérer précocement certains changements :
- fatigue accrue ;
- évitement ;
- irritabilité ;
- difficulté à récupérer ;
- augmentation des comportements de vigilance ;
- modification des relations avec les résidents ou les professionnels.
Une modification du comportement ne doit pas être automatiquement interprétée comme un problème d’éducation. Elle peut aussi justifier une recherche de cause médicale ou douloureuse auprès du vétérinaire.
Un accompagnement adapté à chaque établissement
Margeride Canin peut intervenir à différentes étapes de votre projet.
Avant l’arrivée du chien
- réflexion sur le projet ;
- évaluation du chien envisagé ;
- identification des besoins et risques ;
- préparation de l’environnement ;
- définition des règles de fonctionnement ;
- préparation et éducation du chien.
Lors de son intégration
- accompagnement des premières périodes de présence ;
- observation du chien dans son nouvel environnement ;
- ajustement de l’organisation ;
- conseils aux professionnels ;
- adaptation progressive du temps passé dans la structure.
Lorsque le chien vit déjà dans l'établissement
- bilan comportemental ;
- analyse des difficultés rencontrées ;
- réorganisation éventuelle de son quotidien ;
- travail éducatif ciblé ;
- formation ou sensibilisation des professionnels ;
- mise en place d’un suivi.
Une double approche : institution et comportement canin
Mon parcours professionnel dans le travail social, associé aujourd’hui à mon activité d’éducateur-comportementaliste canin et d’intervenant en médiation animale canine, me permet d’aborder ces projets à partir de leurs deux dimensions essentielles.
D’un côté :
- le fonctionnement institutionnel ;
- les besoins des personnes accompagnées ;
- le travail pluridisciplinaire ;
- les projets personnalisés ;
- les contraintes quotidiennes des professionnels.
De l’autre :
- le comportement du chien ;
- ses apprentissages ;
- son état émotionnel ;
- ses capacités d’adaptation ;
- ses besoins fondamentaux ;
- ses limites.
Un projet réussi doit trouver un équilibre entre ces deux dimensions.
Vous envisagez d’accueillir un chien dans votre établissement ?
Il est beaucoup plus simple de construire un cadre adapté avant l’arrivée du chien que de devoir corriger plusieurs mois plus tard des habitudes devenues difficiles à gérer.
Un premier échange peut permettre d’étudier :
- votre projet ;
- le profil du chien envisagé ou déjà présent ;
- l’organisation de votre établissement ;
- les attentes des équipes ;
- les conditions nécessaires à une intégration durable et sécurisée.
Contactez Margeride Canin pour étudier votre projet de chien résident
Margeride Canin
Éducation comportementale canine – Médiation animale canine – Prévention morsure
48600 Auroux – Lozère
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